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Glyphosate : en réponse aux élus villeurbannais du groupe Rassemblement Citoyen – EELV – FdG

Mesdames et Messieurs les élus villeurbannais du groupe Rassemblement Citoyen – EELV – FdG

 

Vous m’avez interpellé publiquement au sujet de mon vote s’opposant à l’inscription dans la loi de l’interdiction du glyphosate sous trois ans.

J’ai pourtant à de nombreuses reprises par voie de presse ou sur les réseaux sociaux, exprimé mon total accord avec l’interdiction de cette substance toxique, supportant l’ambition de la France d’en interdire l’utilisation sous trois ans contre cinq à dix dans les autres pays d’Europe.

Il n’y a donc aucune ambiguïté dans mon engagement et ma position.

Ce vote n’a jamais eu pour objet de « s’opposer à une interdiction du glyphosate avant 2021 » comme l’écrit Madame Zémorda Khelifi mais de décider si nous inscrivons cette interdiction dans la loi.

L’explication de mon vote tient en trois raisons :

- La première est un point de méthode :

Au vote alibi d’une assemblée pressée qui vérifiera en 2021 si les alternatives sont en place et sanctionnera à défaut, j’ai préféré le dialogue sous contrôle parlementaire transpartisan dès le 27 septembre 2018  entre les parties prenantes, chercheurs, fabriquants, usagers professionnels ou particuliers pour mettre en place des solutions de substitution pérennes à l’horizon 2021.

Cette commission spéciale a le pouvoir à tout moment de réinscrire les obligations dans la loi si elle constate une dérive des négociations en forçant une proposition de loi parlementaire coercitive.

 

- La deuxième raison est de confiance envers les experts :

Mathieu Orphelin, proche de Nicolas Hulot et porteur de l’amendement à voter, s’est déclaré favorable à l’option de la commission spéciale. Son expertise dans le domaine étant reconnue, j’ai associé ma confiance à la sienne.

 

 - La dernière raison est d’apaisement :

Pleinement conscient de l’importance et l’urgence des causes écologiques, je ne peux que constater que l’impatience conjuguée à certains comportements radicaux, tend le dialogue démocratique. Je vois grandir l’incivilité numérique et les interpellations aussi vulgaires qu’inutiles sur les réseaux sociaux, j’observe le début d’actions violentes dans une partie extrémiste des causes écologistes qui n’hésitent plus à dégrader voire à détruire des outils de travail agricole ou commerciaux, je lis des tribunes de plus en plus agressives et dogmatiques... Je pense qu’en stigmatisant et en mettant hors la loi les éventuels contrevenants à notre objectif commun d’éradiquer le glyphosate nous amplifierions la tension déjà palpable et prenons un risque d’issue chaotique des débats.

 

Pour ces trois raisons, méthode, confiance et apaisement, j’assume totalement ce vote et garde ma porte ouverte à toute contradiction tant qu’elle ne déformera pas l’objet de ma décision et surtout qu’elle reconnaîtra que nous avons tous un objectif commun.

Meilleures salutations républicaines

 

Bruno Bonnell, Deputé de Villeurbanne, 6ème circonscription du Rhône


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Commentaires: 1
  • #1

    Montégu (jeudi, 04 octobre 2018 19:38)

    Merci � de ta réponse, je suis voisin de Beatrice Vessiller, je pourrai me référer à ton courrier quand les écologistes m’interpelleront