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A propos du glyphosate

Le 15 septembre dernier, un débat sur le glyphosate a opposé les différents groupes parlementaires, non pas sur l’essentiel, qui est d’interdire l’utilisation de ce produit sous trois ans, mais sur les modalités de cette interdiction. 

Pendant plus d’une heure de débat dans la nuit, toutes les opinions ont détaillé leurs vérités. 

Lors de la première lecture du texte en mai dernier, un débat tout aussi riche avait conclu à une feuille de route précise afin de responsabiliser la filière à s’engager et à collaborer sur une sortie définitive du glyphosate sous trois ans, en avance sur toutes les recommandations européennes. 

Tout l’hémicycle est d’accord sur l’interdiction de cette substance sans aucune ambiguïté. 

 

Des moyens et des étapes ont été ainsi définis avec un engagement de légiférer sur l’interdiction si les solutions n’étaient pas là en temps et en heure sous forme de ppl (proposition parlementaire de loi). 

A la suite de ce débat et de ce vote, les réactions ont été nombreuses et parfois agressives, c’est pourquoi il me paraît important de préciser certains points et de répondre aux questions qui m’ont été posées, ici :

 

- Vous avez voté contre l’interdiction du glyphosate !

C’est faux, je suis pour l’interdiction du glyphosate, comme tous mes collègues députés et le Président de la République. 

Le débat qui a eu lieu le 15 septembre à l’Assemblée Nationale, portait sur les modalités de cette interdiction sous trois ans : faut-il ou non écrire cette date dans la loi ou bâtir une stratégie de sortie avec les parties prenantes (industriels, agriculteurs, institutions de recherche...) ? C’est ce que nous avons voté.

- Pourquoi on ne peut pas interdire le Glyphosate immédiatement ?

Nous sommes conscients des dégâts considérables que cette substance a générés depuis de nombreuses années, mais aussi conscients qu’il faut trouver des alternatives rapidement et trois ans est un délai tendu pour les acteurs de la filière : c’est un processus complexe incluant la recherche scientifique, la production de produits alternatifs, les changements d’habitude des exploitants agricoles, etc... Nous préférons l’action et le dialogue avec les véritables parties prenantes : des moyens et des étapes ont été ainsi définis avec un engagement de légiférer sous la forme de PPL (proposition parlementaire de loi) sur l’interdiction si les solutions n’étaient pas là en temps et en heure. 

- 3 ans de plus peuvent-ils suffire pour sortir du glyphosate ?

Nous sommes, avec le Président de la République engagés à interdire et éliminer de toute activité le glyphosate sous trois ans. La France est le SEUL pays au Monde à avoir pris un tel engagement et nous négocions avec la communauté européenne pour que l’Europe s’engage sur 5 ans, alors qu’actuellement elle prévoit 10 ans. Le problème de l’utilisation du glyphosate n’est pas que Français, il est Européen, Mondial. En France, nous mettons en place un plan d’action sous la supervision d’une commission parlementaire transpartisane. Ce qui n’a jamais été fait par les gouvernements précédents. Si les étapes prévues ne sont pas atteintes d’ici un an, nous avons le pouvoir coercitif de présenter une proposition parlementaire de loi pour interdire le glyphosate immédiatement.

- Quel est ce plan d’actions ?

Il y a tout d’abord le plan « sortie du glyphosate » qui a été élaboré par les Ministres de la Transition écologique et de l’agriculture et qui comprend plusieurs mesures nouvelles emblématiques dont notamment le renforcement des actions d’accompagnement des agriculteurs et le suivi régulier des quantités vendues et utilisées en France (pour plus de transparence).

Puis, le plan Ecophyto II+ lancé en juillet 2018, qui prévoit notamment que dorénavant les renouvellements des autorisations de mise sur le marché de produits contenant du glyphosate, ne seront délivrées par l’ANSES que pour 3 ans maximum et ne seront pas reconduites pour les usages pour lesquels des alternatives existent déjà, soit plus de 80% des surfaces.

La mobilisation des filières et le lancement dès fin septembre d’une mission parlementaire pour suivre la réalité de cette sortie du glyphosate.

- Etes-vous influencé par les lobbies de l’agro-chimie ?

Absolument pas. Je suis tout à fait conscient des dégâts sur la santé causés par le glyphosate et donc je suis pour qu’on trouve des alternatives et qu’on aide les agriculteurs à se diriger vers ces alternatives. Cela me paraît plus constructif.

 


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Commentaires: 5
  • #1

    Oui (jeudi, 20 septembre 2018 15:04)

    blablabla.....-40% d'abeilles en moins....blablabla

  • #2

    Jerome Fortias (vendredi, 21 septembre 2018 13:38)

    Bonjour... j'aimerais vous croire d'autant que je pense être centriste... Mais si la forme de votre communication est soignée, sur le fond, cela donne une impression de façade vide avec des arguments d'urgence de ne rien faire. Les lobbies influencent, c'est normal... Pourquoi c'est toujours les mêmes lobbies qui gagnent la plupart du temps, ceux qui de fait tuent des gens en augmentant leurs mortalités, et en tirent un profit... A partir de quand on devient responsable moralement ? Pas facile d’être politique, je ne pourrais pas vivre avec ce genre de dilemme. Bien à vous

  • #3

    Stéphane Dufraine (lundi, 24 septembre 2018 06:52)

    Un marcheur qui décide de s’arrêter de marcher pour « discuter » pendant 3 ans n’a plus grand chose d’un marcheur... Vous avez été élu pour agir et redresser le pays, pas pour faire le jeu des lobbies industriels. Nous ferons le bilan de vos actions et en tirerons les conséquences aux prochaines élections...

  • #4

    Martin dumas (mercredi, 26 septembre 2018 22:50)

    Ce que vous dites est faux salvador en 2013 et le sri Lanka en 2015 ont interdit le glyphosate. Du coup revoyez votre copie et cessez de dire contrevérités.

  • #5

    Julien BOUNIOL (lundi, 05 novembre 2018 10:27)

    Je regrette également que le vote du député qui représente les Villeurbannais qui ont une sensibilité certaine à l'écologie ai penché en faveur des agro-industriels. Les dégâts des produits chimiques utilisés depuis les années 60 et notamment du glyphosate sont connus, il n'est pas acceptable d'attendre 3 années à continuer à empoisonner les agriculteurs, les riverains, les consommateurs et la biodiversité....