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Plus rien ne sera comme avant

Plus rien ne sera comme avant à Trèbes dont certains habitants ont été froidement abattus. La ville a perdu pour longtemps son innocence de bourgade provinciale où il faisait bon vivre. Les querelles ne duraient pas et le soleil arrangeait toujours les choses. Passé le temps du deuil nécessaire de leurs concitoyens, les Trébéens connaîtront le temps du choc qui fera sursauter au moindre bruit dans un magasin et polluera la vie quotidienne d’un sentiment de méfiance envers des communautés autrefois familières.

Plus rien ne sera comme avant en Province qui pensait que les attentats étaient réservés à Paris, sa banlieue ou aux Métropoles pour une meilleure médiatisation des actes barbares, et se sentait protégée par l’éloignement des grands centres urbains. La possibilité de l’horreur au coin de chaque rue va générer des tensions, voir renaître ou amplifier les délits de faciès et chercher des responsables en emmêlant l’histoire, les religions et le fanatisme.

Plus rien ne sera comme avant à Paris où brusquement la réalité d’une menace globale sur le territoire fait prendre conscience de l’ampleur des moyens nécessaires pour protéger la Nation toute entière. C’était bien-sûr dans toutes les projections, mais la concrétisation d’une attaque force à engager encore plus de forces et encore plus vite dans cette bataille.

Plus rien ne sera comme avant dans l’arène politique où l’attitude responsable doit être de condamner et de se rassembler pour combattre le fléau du terrorisme sans aucune ambiguïté. Toute récupération politicienne de ce drame est indigne et participe à l’objectif de division de nos agresseurs. Tous les militants de tous les partis doivent se liguer contre un ennemi commun, le terrorisme, et ne pas rentrer dans des querelles de modalités pour gagner cette guerre sordide. 

Plus rien ne sera comme avant dans la gendarmerie qui, par le geste héroïque d’un des leurs, montre l’engagement quotidien de ses forces dans la protection des français. Nous pourrions faire la même remarque pour les forces de police et nos armées qui sont tout aussi impliquées dans cette mission. Nous ne regarderons plus un uniforme comme hier. 

Plus rien ne sera comme avant pour la France, blessée dans ces terres profondes, qui va s’organiser pour être encore plus efficace dans son action de repérage et d’intervention tout en restant un état de droit. Le choix d’un gendarme, mort en héros démontre que nos forces de l’ordre sont aussi prêtes au sacrifice pour préserver notre mode de vie ensemble. C’est un message très fort envoyé à nos ennemis.

Mais plus rien ne sera comme avant aussi pour quatre familles. Celles de Jean Mazières, Christian Mevdes, Hervé Sosna et Arnaud Beltrame. L’un viticulteur retraité, l’autre boucher, le troisième ancien maçon et le dernier gendarme. Quatre hommes, âgés entre 45 et 65 ans, fauchés par la folie de la haine. Sans le vouloir, sans le savoir, ces hommes sont devenus les héros d’une guerre sale, d’une guerre où la lâcheté se porte en étendard au nom de fausses valeurs. Nous devons à leurs familles, qui les pleurent aujourd’hui, un soutien indéfectible et un profond respect. Ils ne sont pas morts pour rien. Ils réveillent une conscience collective. Leur destin funeste nous fait comprendre combien la paix est précieuse et fragile et que nous devons être unis pour éliminer tous ceux qui mettent en péril nos idéaux de vie harmonieuse. 

Plus rien ne sera comme avant, mais continuons à nous battre pour le mieux vivre ensemble.


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