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Le secret du « en même temps » et les alliances paradoxales

Comment rendre possible la coexistence de politiques apparemment incompatibles ?

 

Comment décrypter le synthétique «en même temps» ?

La quadrature du cercle étant établie comme impossible, on ne peut en effet être «en même temps» rond et carré.

Il existe pourtant une solution géométrique simple : si on projette un cylindre sur deux plans orthogonaux, on obtient tout à la fois un rond et un carré. En ajoutant une dimension d’analyse, en passant du plan à l’espace un problème mathématiquement et apparemment insoluble trouve sa solution, Eurêka !

 

Cet exemple est une bonne métaphore de la réussite de La République En Marche dont l’axiome audacieux a consisté à rajouter une dimension idéologique supplémentaire à la réflexion politique en panne. Changer de référentiel était nécessaire dans un monde qui s’est complexifié, et a ouvert  les esprits à des solutions politiques nouvelles. CQFD En Marche !

Au delà d’une idéologie forgée, la force de cohérence d’En Marche est cette capacité à rajouter des dimensions à l’analyse des problèmes sociétaux. 

La traditionnelle segmentation droite-gauche ne propose que des engagements glissants entre marxisme et capitalisme et réduit tout positionnement dans cet espace en une seule dimension limitée à un point sur une ligne. 

En Marche ! a proposé une ordonnée conservateurs-progressistes, orthogonale à l’abscisse traditionnelle droite-gauche décrivant ainsi un plan, espace à deux dimensions. Il est alors possible d’être progressistes ou conservateurs tout en se définissant de droite ou de gauche !

On résout l'équation du «en même temps» en politique.

 

Les partis traditionnels, après l’analyse de cette nouvelle configuration des modes d'adhésion, n’ont pas d’autre choix qu’adapter leurs doctrines pour structurer leur opposition dans le bon espace de discussion. Ceux qui resteront dans un clivage linéaire et binaire prennent le risque de la marginalisation voire de la disparition. 

Progressivement, nous aurons dans les mois à venir une représentation nouvelle du champ politique qui ne se résumera plus par des curseurs sur une ligne mais sera représentée par des espaces sur un plan. 

Chaque territoire politique empiétera plus ou moins sur ses voisins avec des valeurs de progrès ou des convictions nostalgiques partagées. Une frange de la France Insoumise retrouvera un morceau du Front National sur des formes de traditions ouvrières, agricoles, lutte de classe... Une partie des Constructifs et de la Nouvelle Gauche s’entendront sur un territoire néo-radical. Le LR n’hésitera pas à casser des tabous et oser des accords nauséabonds au nom d’une souveraineté nationale d’exclusion. Ce sera l’heure d’alliances paradoxales et d’une beaucoup plus grande mobilité des opinions.

 

 

L’heure du «en même temps» aura définitivement sonné.

 

Le discours politique sera alors changé et ne pourra plus se résumer à des caricatures simplifiées de type politicien des villes ou des champs ou gouvernement des riches ou des pauvres. La politique autrement sera dans l’effort de pédagogie nécessaire pour expliquer à tous que la nouvelle réalité du Monde nous pousse à nous réinventer sans abandonner nos valeurs et à sophistiquer la réflexion.

 

Pour La République En Marche, l'établissement d’une opposition plus structurée la poussera, pour conserver un avantage démocratique, à expliquer davantage, à canaliser ses intuitions mais surtout à continuer de proposer d’autres dimensions d’analyse aux enjeux politiques.

 

La première, après celle de l’échelle du progrès, pourrait être celle des organisations géographiques du nouveau Monde, de la Région à l’Europe. Autrement dit résoudre une autre équation : Comment être «en même temps» pleinement breton, français et européen?


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Commentaires: 7
  • #1

    Jean François Marquette (mardi, 06 mars 2018 14:24)

    Cher Bruno,
    Merci pour cette superbe démonstration ou le bon sens rejoint le recul nécessaire à ce type de projection. Je propose dans mon métier de faire le parallelle avec le financement des entreprises ou le discours antédiluvien continue d'opposer les intérêts des uns avec ceux des autres. exemple : l'intérêt de l'entreprise, de ses salariés, de ses actionnaires. triptyque détonant non ? Pourtant... "en même temps" leur destin est commun... tu le sais mieux que personne .... Time is on my side... souvenirs...
    on en parle de vive voix quand tu veux autour du thème Financement Collaboratif ..
    Bien à toi

  • #2

    Gabriel (mardi, 13 mars 2018 19:14)

    Bonjour,
    Je m'interroge sur la pertinence de la mention de la quadrature du cercle puisque celle-ci n'a rien à voir avec le fait d'être en même temps rond et carré et que sa résolution ne semble pas être affectée par un passage à une dimension supérieure.
    Cordialement.

  • #3

    Cédric (vendredi, 16 mars 2018 22:05)

    Cher Bruno,
    Merci pour cette démonstration lumineuse bien que mathématiquement imprécise. La quadrature du cercle consiste à construire, à l'aide de la règle et du compas, un carré de même aire qu'un disque donné. L'impossibilité de cette construction a tenu les mathématicien en haleine pendant des siècles et on sait aujourd'hui que c'est une réalité. Néanmoins le parallèle avec notre (dé)marche est habile et justifié !

  • #4

    cortecs.org (vendredi, 23 mars 2018 19:10)

    Bonjour
    nous vous avons épinglé pour imposture intellectuelle ici

    Prodiges et vertiges de l'analogie
    https://cortecs.org/exercices/prodiges-et-vertiges-de-lanalogie/

    Le titre de cet article est un hommage à Jacques Bouveresse, qui a produit un livre revigorant portant ce titre en 1999, aux éditions Raisons d'agir : il y met en évidence chez nombre de penseurs et penseuses le "littérarisme", cette tendance à abuser de l'analogie et du "droit à la métaphore". Henri Broch a coutume de répéter la facette zététique suivant : l'analogie n'est pas une preuve. Dans cette page, nous recenserons les analogies les plus stupéfiantes. Lorsque ces analogies empruntent à un domaine des concepts et les introduisent sans justification dans un autre, sans que ni les spécialistes du domaine d'origine ni cell·eux du domaine de réception n'y comprennent goutte, alors nous sommes dans ce qu'Alan Sokal et Jean Bricmont qualifièrent il y a une vingtaine d'années d'imposture intellectuelle. Or, comme le dit notre ami Pierre Deleporte, une imposture intellectuelle se fait à deux : cell·ui qui produit la nébulosité, et cell·ui qui la reçoit sans broncher. Alors entraînons-nous.
    Bruno Bonnell, député République en Marche de la 6ème circonscription du Rhône

    La quadrature du cercle étant établie comme impossible, on ne peut en effet être «en même temps» rond et carré. Il existe pourtant une solution géométrique simple : si on projette un cylindre sur deux plans orthogonaux, on obtient tout à la fois un rond et un carré. En ajoutant une dimension d’analyse, en passant du plan à l’espace un problème mathématiquement et apparemment insoluble trouve sa solution, Eurêka !

    CorteX_Bonnell_QuadratureCet exemple est une bonne métaphore de la réussite de La République En Marche dont l’axiome audacieux a consisté à rajouter une dimension idéologique supplémentaire à la réflexion politique en panne. Changer de référentiel était nécessaire dans un monde qui s’est complexifié, et a ouvert les esprits à des solutions politiques nouvelles. CQFD En Marche !

    (dans"Le secret du « en même temps » et les alliances paradoxales", Tribune du 28 février 2018).

    La charge de la validité de l'analogie revenant à celui qui l'utilise, nous ne devrions pas avoir à faire le travail d'analyse. Néanmoins, voici les points centraux :

    Monsieur Bonnell n'a pas saisi le problème de la quadrature du cercle, problème classique antique, qui n'a rien à voir du tout avec ce qu'il raconte sur le cylindre. Il consiste à construire un carré de même aire qu'un disque donné à l'aide d'une règle et d'un compas, or il nécessite de parvenir à faire la racine carrée du nombre π, ce qui est impossible en raison de la transcendance de π . L'insolubilité du problème a été démontrée par Ferdinand von Lindemann en 1882.
    L'artifice des projections orthogonales du cylindre ne répond pas du tout à cela - ne répond d'ailleurs à rien.
    L'analogie de M. Bonnell repose sur :

    - une dimension topologique en plus crée de nouveaux objets mathématiques

    - une dimension idéologique (?) en plus crée La République en marche

    Enfin, ajouter une dimension ne revient pas à changer de référentiel. Après avoir fâché les mathématicien·nes et les politistes, il fâche maintenant les physicien·nes.

  • #5

    Pierre Blanchard (dimanche, 08 avril 2018 22:09)

    Ce que vous dites, M. Bonnell, a un nom scientifique, "la drosophilophilie", c'est-à-dire, en langue vulgaire, celle du "vulgus pecum", "l'enculage de mouches" (la drosophile est la petite mouche à vinaigre).
    Moi aussi, je puis, dans un enrobage scientifisant, raconter n'importe quoi. Je vous pose donc la question : "moi, qui peut raconter âneries sur âneries en usurpant le nom du Peuple, pourquoi n'ai-je pas votre salaire ?". Si être représentant du Peuple ne nécessite pas plus de travail sérieux, je vous le demande : "Rendez l'argent que nous vous donnons !"

  • #6

    Mustelier Bigot Maritza (vendredi, 12 octobre 2018 15:49)

    Sans rentrer dans la politique je vous rejoins complètement sur votre analyse. Passionnée par les relations humaines, par la physique et la philosophie je suis fascinée par le paradoxe qui englobe les interactions humaines. Et je n'ai jamais compris cette obsession existant dans cette partie du globe par l'uniformité, la spécialisation, sachant pour tant que tout est relatif. Cette image du cercle je l' utilise fréquemment pour montrer de manière simple et efficace à quel point notre vision est restreinte. Changer d’angle d'observation est indispensable pour mieux comprendre dans toute circonstance, c'est impératif pour affronter l'incertitude. Alors ouiiiiii !! L’heure du «en même temps» aura définitivement sonné. Et je rajoute " Il était temps ..."

  • #7

    Marguerite Masson (vendredi, 26 octobre 2018 12:49)

    Bonjour,

    En fille de mathématicien, j'avoue que ma première impression a plus été que ... là vous essayez clairement de me faire avaler une couleuvre !
    Je ne conteste pas votre sincérité. Au plan individuel vous êtes un homme riant et sympa, opportuniste au bon sens du terme. Et les hommes politiques qui viennent du monde de l'entreprise, pourquoi pas ?

    Mais là en fait, vous vous questionnez sur votre positionnement politique et sur son bien-fondé. Et par ce post, vous essayez d'y apporter une légitimité.

    Et si, comme vous, nous arrêtions de nous escrimer à vouloir justifier ce qui ne l'est pas. Tout semble en effet ... à l'envers !

    Moi, voyez-vous, je pense souvent à Jacques Ellul. (Ce sont mes profs qui m'en ont parlé). Ce monsieur disait (pour faire court) que l'équilibre est dans la nature des choses. Je pense aussi aux bretons, grands navigateurs devant l'éternel. Auprès d'eux j'ai appris que si, dans la tempête le voilier se retrouve à l'envers, il suffit juste d'attendre le temps nécessaire et de tout calfeutrer, car il finira tôt ou tard par se remettre à l'endroit.

    Dans l'intervalle, on pourra emprunter à tous les courants leurs bonnes idées, mais surtout s'inspirer des pratiques vertueuses développées dans d'autres pays : comme l'égalité homme-femme en Europe du nord, la démocratie directe des Suisses ...

    Car le clivage riche-pauvre ne peut plus être le seul moteur de notre réflexion en France.

    Il est assez insupportable de voir que d'anciens élus (qui se prétendent de gauche) cherchent à se recycler dans "En Marche" tout en poursuivant leur petit travail : fabriquer de la misère pour entretenir leur réservoir de voix, en préservant leur haut niveau de vie, pour eux-mêmes seulement. Et cultiver le marasme dans les esprits, et les cœurs.

    Les richesses patrimoniales de notre pays, accumulées au fil des siècles grâce aux efforts de tous, nous place parmi les pays les plus riches du monde. De même la productivité des français devrait nous permettre à chacun, quel qu'il soit, de vivre bien mieux ... (et plus solidairement).

    Voilà Bruno, si vous souhaitez faire de la politique autrement, parlez nous donc de la vraie vie !